La retenue pour pension civile – surnommée « retenue PC » – est l’un des prélèvements incontournables sur le bulletin de paie des fonctionnaires d’État. Pourtant, beaucoup s’interrogent encore sur son calcul, son impact réel sur leur salaire net et sa justification. Pour éclairer cette question, j’ai décidé de rassembler des témoignages de fonctionnaires issus de divers corps (enseignants, hospitaliers, militaires, territoriaux) afin de présenter une image fidèle et humaine de ce que représente cette retenue au quotidien.
Comprendre la retenue PC : le point de départ des préoccupations
Pour poser les bases, il faut rappeler que la retenue pour pension civile correspond à la cotisation retraite principale pour les fonctionnaires titulaires. Apparaissant sur la ligne 101050 du bulletin de salaire, elle est calculée sur le traitement indiciaire brut et ses bonifications, comme la BI et la NBI. En 2022, ce taux était de 11,10 %.
Témoignages sur la retenue PC : entre résignation et incompréhension
Julie (professeure des écoles depuis 12 ans) :
« Chaque mois, je vois cette ligne « retenue PC » grignoter une bonne partie de mon salaire brut. Je comprends qu’on cotise pour la retraite, mais c’est bien plus que ce que paie mon frère dans le privé… »
Marc (administratif en préfecture) :
« Sur ma fiche de paie, j’ai 320 € de retenue PC. On me dit que c’est pour équilibrer avec le privé, mais avec le gel du point d’indice, je sens surtout la baisse de pouvoir d’achat. »
Ces témoignages reflètent un sentiment partagé chez nombre de collègues. Le manque de clarté sur le lien entre la cotisation et les droits retraite incite à la frustration. Ce que beaucoup ignorent, c’est qu’une partie du débat vient du fait que les employeurs publics cotisent à des taux bien plus élevés que dans le privé (74,28 % contre 30% pour la CNRACL).
Mon propre ressenti : une cotisation qui mérite plus de pédagogie
En tant qu’ancien contractuel devenu titulaire, j’ai pu comparer les différents régimes. La retenue PC m’a immédiatement sauté aux yeux dès mon premier bulletin. Bien qu’elle ait du sens sur le papier (assurer la pérennité du système de retraite des fonctionnaires), elle manque cruellement de lisibilité. Je me souviens avoir hésité à demander une explication à la RH, pensant que c’était « normal »… mais être normal ne veut pas dire transparent.
La retenue RAFP : un deuxième prélèvement souvent oublié
En plus de la retenue PC, il existe la retenue pour le régime additionnel de la fonction publique (RAFP), à 5 % sur primes et indemnités. Cette cotisation est moins visible, et rares sont ceux qui savent à quoi elle correspond exactement.
Lucie (infirmière en hôpital public) :
« Je pensais que la retraite c’était juste la retenue PC. Quand j’ai vu qu’on me prenait aussi sur les primes (RAFP), j’ai demandé à ma collègue et elle non plus ne comprenait pas. »
Surcotisation au temps partiel : le choix du long terme
Un aspect rarement évoqué est la possibilité de surcotiser quand on travaille à temps partiel. Cela permet d’acquérir des trimestres comme si l’on était à temps plein. Si ce mécanisme est utile pour anticiper sa retraite, il a un coup immédiat non négligeable sur le salaire net.
Sophie (enseignante à mi-temps) :
« J’ai choisi de surcotiser quand mes enfants étaient petits. C’était dur financièrement, mais je voulais protéger ma future retraite. Heureusement que j’avais l’info grâce à un webinaire syndical. »
Bulletin de paie : trop technique ?
Le bulletin de paie des fonctionnaires reste difficile à décoder, même pour les agents expérimentés. Les codifications (101050 pour la PC, 501080 pour le RAFP salarié, etc.) et l’empilement des lignes n’aident pas.
Thomas (magistrat stagiaire) :
« Je comprends une chose : je perds environ 400 € entre brut et net. J’ai passé une heure à identifier chaque ligne. C’est comme faire un puzzle administratif. »

Alors, quelle transparence pour demain ?
Comme beaucoup de mes confrères, je pense qu’il est urgent de mieux expliquer aux fonctionnaires ce qu’ils cotisent, pourquoi, et ce que cela leur garantit à la retraite. Les bulletins pourraient gagner en clarté avec des encarts explicatifs. Des simulateurs accessibles permettraient aussi de visualiser l’effet des retenues sur la durée.
Dans une société où la pédagogie de la rémunération devient essentielle, considérer les agents publics comme des individus informés et volontaires est fondamental.
En résumé : que disent les témoignages ?
- La retenue PC est perçue comme lourde et peu transparente.
- Le lien entre cotisation et service retraite manque d’explications.
- Le bulletin de paie est jugé difficile à lire, même par les agents d’expérience.
- Des outils d’information et des points RH personnalisés seraient bienvenus.
Je vous invite fortement à lire mon article complet pour mieux décrypter votre fiche de paie et comprendre les impacts des cotisations.
Et vous, quelle a été votre première découverte de la retenue pension civile ? Partagez votre expérience dans les commentaires, chaque témoignage compte !




